Dissection n°1
La peau, enveloppe bionique devenant vêtement protecteur et source d’identité.
L’idée de peau comme objet autonome, qui peut être détachée du corps, est aussi vieille que l’humanité et le scalp en rappelle l’exercice de manière
symbolique.
Ici, le vêtement est vu comme une peau, une enveloppe qui recouvre un corps. Mais alors qu’y a-t-il en-dessous de cette peau?
Que reste-t-il lorsqu’on l’ôte ?
La dissection s’impose comme réponse naturelle.
Dissection n°2
Pratique des tanneurs, la séparation de la peau, du corps qu’elle protège, est une activité mal considérée dans les sociétés antiques.
Condamnable en elle-même, cette activité préhistorique est pourtant à l’origine des premiers pas humains en dehors de l’animalité. Mieux encore, elle souligne la volonté humaine de rester dans un
règne animal dont elle sort à peine. Prendre la fourrure d’un animal est un moyen de lui emprunter son apparence et par conséquent sa personnalité et son pouvoir.
Dissection n°3
Avec la pratique anatomique qui se développe à la Renaissance, les dessins, qui montrent un corps humain écorché,
où la peau est en lambeaux, laissent apparaître les muscles, les os et les organes vitaux, ce qui devient rapidement une mode graphique livresque. Les planches anatomiques montrent comment la
première peau est vitale et accessoire à la fois. Elle cache aussi la vérité du corps. Cette peau doit être opaque pour jouer un rôle esthétique car, transparente, elle devient rapidement
synonyme d’horreur.
Ici, sous le vêtement, on se rend compte que bouillone toute une vie, une multitudes de choses cachées, qui n'apparaissent pas au premier regard...
Dissection n°4
L'épiderme comporte plusieurs couches :
la couche cornée en contact avec le monde extérieur, les couches translucide et granuleuse
qui donnent la consistance, la couche malpighienne qui offre l’apparence structurelle.
Dans le derme, existent de nombreux objets
représentés ici sous forme de vies éparses et indépendantes:
des papilles dermiques, une glande sébacée parfois annexée à un poil, une glande sudoripare avec son canal excréteur, le muscle érecteur du poil et des vaisseaux sanguins plus ou moins
dilatés.
C'est en ouvrant le vêtement que l'on peut donc apercevoir sous ses différentes couches, l
les choses cachées du corps et de la peau.
La peau permet d’observer en surface des problèmes plus profonds qui affectent l’ensemble du corps et qui trouvent un moyen d’expression visible en surface sur la peau.
Ouvrir le vêtement permettrait donc d'y voir "plus clair"...
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